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Saint-louis : le drôle de jeu de l'Etat
Une violence savamment entretenue et attisée

l'Etat français a fait de la lune contre la violence une priorité en métropole. En Nouvelle-Calédonie, sur un Territoire qui n'est pas la France mais qui est encore français, le rôle des représentants de l'Etat est beaucoup plus trouble dans la délicate affaire de Saint-Louis. Arrière­ pensées politiques ... 

l y a quelques mois, la chefferie de Saint-­Louis et les coutumiers wallisiens avaient établi un projet d'accord écrit pour que l'on sorte de cette crise. Ce projet avait été trans­mis au haut-commissariat par lettre recom­mandée, mais la seule réponse de l'Etat, ce fut l'accusé de réception.« Cette ébauche de solution permettait de sortir de cette situation dignement pour les deux communautés, avance Frédéric de Greslan, l'avocat des familles wallisiennes. Mais le silence de l'Etat ne s'explique pas. lnte1rngé à la mairie du Mont-Dore, M. Malizard, le chef de la subdivision Sud, n'a pas donné de réponse.» 

DE GRESLAN : « ON EST EN PHASE TER­MINALE DE CETTE ÉPURATION ETHNIQUE »

Cette information, très importante, n'avait jamais été mise en avant lors des innom­brables rendez-vous entre les protagonistes de la c1ise de Saint-Louis et les représentants de l'Etat. Aujourd'hui, elle permet de mieux comprendre l'escalade qui secoue de nou­veau, depuis le 25 août, cette zone placée sous haute surveillance. 
Aujourd'hui, les familles wallisiennes sont dans l'incapacité de regagner leur domicile. Un barrage a été établi par les forces de l'ordre pour empêcher les gens de passer. Sécurité oblige, car il y a des tireurs isolés un peu partout, et un barrage établi par la tribu de Saint-Louis juste au-dessus. « Un certain nombre de familles, femmes, enfants et vieillards sont ainsi bloqués et ne peuvent pas sortir de chez eux. Ce sont des otages et tout cela se passe dans l'indifférence générale.» 

Passablement dépité par la tournure prise par les événements, Frédéric de Greslan n'en démord pas. « Nous avons fait appel à la jus­tice qui nous a débouté. Car elle estime qu'il s'agit d'ordre public et qu'elle n'a pas la pos­sibilité d'intervenir. De leur côté, les forces de l'ordre n'ont pas l'ordre d'intervenir non plus. La seule solution des familles, c'est la presse qui peut faire évoluer les choses.» Désormais, le seul recours offert aux familles, pour celles qui sont à l'extérieur de la zone bloquée, c'est de quitter les lieux et de laisser les gens qui sont là-haut. « Pour aller prendre quelques logements sociaux, mais il y en a très peu de libres aujourd'hui. L'alternative est d'être hébergé au foyer wal­lisien. On est donc en phase terminale de cette épuration ethnique, il faut régler le problème rapidement, il est possible que des drames se passent maintenant parce que cette situation perdure. » Et fait planer de sacrés dangers aux trente familles et à la centaine de personnes qui demeurent séquestrées.

L'ETAT FAlT-IL LE JEU ÉLECTORAL DU RPCR? 


« L'Etat a pour charge de faire respecter la libre circulation des personnes et des biens, répète l'avocat des familles wallisiennes, également la sécurité des biens et des personnes. En l'espèce, rien de tout cela n'est respecté. La seule proposition de l'Etat, c'est de reloger dans les meilleures conditions. sans aucw1e garantie. Il s'agit-là d'un véritable camouflet pour le destin commun calé­donien.» 

Après le coup de force de la gendarmerie dans la tribu, il y a quelques jours, on peut légitimement se demander si cette opération n'était finalement qu'un rideau de fumée destiné à masquer les largesses constatées aujourd'hui. L'Etat français, avec ce désordre ambiant qu'on ne cherche pas à régler, ne fait-il pas, finale­ment, le jeu du RPCR en vue des pro­chaines élections provinciales ? Compte tenu de certains éléments et constats, la question se pose avec acuité. 

 

Th. Squillario

 

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