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Des sinistrés de Saint-Louis attaquent l'Etat 
Toutes les familles wallisiennes parties de l'Ave Maria pendant les événements de Saint-Louis n'ont pas été indemnisées. Certaines d'entre elles attaquent l'Etat devant le tribunal administratif. 

Ils ont vécu la peur, leurs maisons ont été incendiées, il y avait des snipers sur le che­min de l'école de leurs enfants. Ces familles sont parties pratiquement le fusil sur la tête. Et aujourd'hui l'Etat ose prétendre que cer­taines d'entre-elles l'ont fait volontairement.

• C'est avec des mots durs que Me De Greslan a brossé le contexte des huit affaires de • sinis­trés de Saint-Louis " exami­nées jeudi par le tribunal administratif de Nouméa. 
Plusieurs dizaines de per­sonnes d'origine wallisienne et futunienne se sont mas­sées dans la petite salle d'audience du tribunal, pour espérer se faire reconnaître dans leur statut de victimes. 

En septembre 2003, après 20 mois de conflit eth­nique émaillé de plusieurs morts et de nombreux bles­sés, les derniers Wallisiens qui habitent encore le lotis­sement de l'Ave Maria s'en vont dans les larmes. La plu­part d'entre eux préfèrent brûler leur maison que de l'abandonner aux adver­saires kanaks qui leur mènent une guérilla depuis l'autre rive de la rivière. Des maisons qui brûlent, des femmes et des hommes qui pleurent, des meubles et des matelas qu'on entasse sur des pick-up, des convois de civils encadrés par des blindés ... ces quelques jours de septembre 2003 laisse­ront des images boulever­santes d'exo de et de vio­lences collectives.

Le fusil sur la tête


A l'époque, l'Etat qui a préconisé cette solution s'engage à créer une com­mission d'indemnisation des victimes. Ce qui est fait. Mais tout le monde n'obtient pas gain de cause. Ainsi, certaines familles, dont le départ a été jugé volontaire par l'Etat. Ainsi cet homme qui demandait rembourse­ment de ses pertes de salai­re les jours chauds, lorsqu'il restait pour protéger sa famille. 
 

 Ils étaient là depuis qua­rante ans. fis avaient des maisons, construites de leurs mains, souvent belles. Ifs avaient des jardins, une vie collective. Aujourd'hui, les mieux lotis sont en apparte­ment, les autres en squat. Et certains d'entre eux seraient partis volontairement ? La position de l'Etat est inaccep­table • a asséné Me de Gres­lan. • Elle aboutit à nier le statut de victime de ces gens. Alors que s'ils ont été acculés au départ, c'est bien parce que l'Etat n'assurait pas leur sécurité et se bornait à jouer un rôle d'interposition. Aujourd'hui, ils sont abandon­nés et la justice est leur der­nier recours. • 

ORDRE D'EVACUATION

Le commissaire du gouver­nement Bonal a estimé lui aussi qu'il était difficile de qualifier de volontaires des départs qui se faisaient dans un tel contexte de menaces et de violences. Même s'ils étaient intervenus avant l'évacuation générale menée par l'Etat. 


Autres actions, celles d'un restaurateur de Ploum qui a vu chuter sa clientèle pen­dant le s événements, et celle du possesseur d'une maison de Saint-Louis, incendiée après qu'il eut reçu l'ordre de l'évacuer. Le commissaire du gouverne­ment Bonal a estimé que le restaurateur avait • subi un préjudice anormal et spécial • du fait de la désaffection de la route du Mont-Dore pen­dant cette période. En raison des actes de violence qui s'y sont déroulés, la libre circu­lation y est devenue aléatoi­re. 


Le magistrat a également estimé que le contexte criminel et délictuel ambiant com­mandait à un père de famille de rester chez lui pour assurer la protection des siens. Et qu'un tel homme était fondé à demander à l'Etat le remboursement de ses pertes de salaire. 


Le jugement sera rendu dans quinze jours.

 

 
Ph. F. 

 

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